Ce document est extrait d'un mémoire que j'ai réalisé en 1997 dans le bulletin municipal, en faisant appel aux souvenirs d'un groupe d'anciens Pomponiens, les photos sont d'époque mais ne sont pas forcément celles de Pontpoint.
Plus de 1000 moutons sont gardés par les adolescents: un troupeau à Frapotel, un autre au Bois Pinson. La plaine Basse qui à l'époque ne compte aucun étang, est leur domaine de prédilection. Le plus grand troupeau compte quand même 290 têtes. Dans les fermes on trouve des vaches laitières, des boeufs, des chevaux pour les labours, des poulains, des veaux ainsi que de nombreux cochons et de très grandes basses-cours.
Le cantonnier entretient les chemins , il étale les cailloux pour boucher les trous et stabiliser les ornières très nombreuses, surtout en temps de pluie.
Le petit train de sable venant d'Yvillers traverse Roberval et Moru, il arrive au bord de l'Oise, au Port, pour être déchargé dans des péniches alimentant la verrerie de Saint Gobain à Thourotte. Bien sur les garnement du village s'y accrochent pour y faire un petit tour.
Le vin s'achète à la barrique et c'est le tonnelier Mr PERROT qui assure la mise en bouteilles aussi bien du vin qu'il vend, que celle du cidre produit par les fermiers. Sur la place de l'Eglise, il y a un hanguar qui abrite la pompe à incendie et le corbillard (pour mèmoire au XIXème siècle Pontpoint à compté jusque 65 pompiers volontaires). Lors des enterrements les cerceuils sont portés par des porteurs manuels. La police est assurée par Monsieur JULIEN, grand blessé de la grande guerre, amputé d'un bras, ne pouvant jouer du tambour, il rassemble la population à l'aide d'une cloche, impitoyable il n'hésite pas à verbaliser mêmes ses amis.
Pas de médecin dans le village, il faut aller à Pont, à l'hôpital Georges DECROZE élevé grâce à des dons inter communaux. Le chirurgien est Mr BELLE, c'est le grand père le la chanteuse Marie Paule BELLE.
A l'instigation de l'abbé BERTIN, puis de l'abbé GARNIER, des processions sont organisées plusieurs fois par an dans le village Les communions sont l'occasion de grandes retrouvailles et de grandes ripailles. Lors de la messe dominicale à laquelle participe la plus grande partie de la population, un paroisien est désigné afin de fournir à l'assemblée le pain béni et les brioches, c'est un honneur pour celui qui a été désigné. A Pâques les enfants passent dans les maisons en agitant leurs crécelles, ils quémandent des oeufs ou de l'argent pour acheter des friandises au café de la Place de l'église. Dans la commune, les écoles sont au nombre de trois: une privée pour les moins de 5 ans,une dans la mairie actuelle pour les 5 à 10 ans et rue Muller, une classe pour les 10/14 ans.On y prépare le fameux certificat d'études primaires. L'hiver pour chauffer la classe on doit amener sa bûche pour faire fonctionner le poële. Au retour de l'école, les enfants participent aux travaux de la ferme ou des jardins. A 14 ans (après le certif') la plupart d'entre eux partent , ils sont placés dans les fermes ou au service des autres, aussi bien les garçons que les filles.
Le linge est lavé à l'eau des 6 lavoirs du village.On dénombre 9 cafés, une épicerie et un tabac qui partagent la clientèle locale. Une petite fabrique de formes de chaussures fonctionne rue du Moncel et rue du Pont Saint Paterne se trouve une grande menuiserie qui fabrique des meubles pour un grand marchand parisien (LEVITAN). Plus tard cette usine deviendra ROTAVATOR, puis la CEJI ( qui employa jusque 250 personnes en période de pointe) et aujourd'hui elle abrite entre autre HARLY TAGH.
On danse également chez ROMEO, rue Saint Pierre, à l'ombre de sa guinguette. 1940, les officiers allemands logent au logis Saint Gervais, au chateau rue du Moulin, et rue de la vieille église. Des prisonniers sanitaires sont regroupés au Moncel et au chateau Fabre rue Furon.
1946, la guerre est finie, la jeunesse locale veut vivre, on repart danser, on va à Chevrières, à Béthisy, à Longueil ou à Senlis, on s'y rend à vélo et s'il le faut à pied. Début Juillet, c'est la fête communale, elle dure 3 jours: manèges, balançoires, bal. Le lundi est consacré aux jeux (courses à sac, mât de cocagne, course à la valise, etc.). On se couche très tard et pourtant, le mardi à l'aube, tout le monde est au travail. Tout ça se passait il y a bien longtemps, et pourtant pour ceux qui me l'ont raconté les yeux brillants c'était hier. D.DEMAISON Fichiers attachés
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